De la fiction à la réalité : 4 technologies de science-fiction utilisées en gestion de projet

Publié le 24/04/2018 par Andrew Conrad et Sonia Mokrani

Voitures volantes, téléportation, voyages dans le temps… Les récits de science-fiction sont truffés d’inventions et de technologies futuristes extraordinaires qui, malheureusement, ne sont bien souvent pas devenues réalité… même s’il semble que nous ne sommes pas loin d’assister au lancement de la première voiture volante !

Toutefois, certaines des technologies imaginées en science-fiction il y a plusieurs dizaines d’années ont bel et bien vu le jour et font désormais partie intégrante de la gestion de projets.

Lesquelles sont-elles ?

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En science-fiction, les avancées technologiques mènent fréquemment à la catastrophe, souvent pour les besoins du scénario. Robots qui prennent le contrôle, fin du monde… c’est souvent tragique !

Dans la réalité, ces nouvelles technologies sont plutôt de bonnes choses. Elles permettent de simplifier et de rationaliser la charge de travail ainsi que d’accélérer les processus pour les rendre moins coûteux (à moyen ou à long terme). La technologie fait partie du quotidien des gestionnaires de projets.

Voici quatre technologies utilisées en gestion de projet. Nous expliquons comment elles sont dépeintes en science-fiction, quelle est la réalité de nos jours et comment elles pourraient évoluer.

Quatre technologies de science-fiction utilisées en gestion de projets

Intelligence artificielle

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En science-fiction

L’intelligence artificielle n’a pas toujours été relatée comme quelque chose de positif en
science-fiction, comme nous le rappellent
HAL dans “2001, l’Odyssée de l’espace” et Skynet dans les films “Terminator”.

Dans ces films, une intelligence artificielle surdouée créée par les humains se transforme progressivement en être sensible, conscient de sa propre existence. Considérant les humains comme une menace à son existence, elle décide d’annihiler l’espèce humaine qui, dominée par ses émotions et physiquement plus vulnérable, ne peut lutter contre cette entité superintelligente, enveloppée d’une carcasse métallique aux membres tranchants (du moins, dans Terminator !).

Heureusement, le cinéma a aussi caractérisé de gentils robots, comme R2-D2 ou Wall-E.

Dans la réalité

Bonne nouvelle, l’intelligence artificielle ne cherche pas à mettre fin à l’espèce humaine. Au contraire, elle est là pour nous aider ! Et depuis plusieurs années déjà, elle est liée aux applications de gestion de projets.

Il y a plus de 30 ans, W.N. Hosley écrivait un texte intitulé The application of artificial intelligence software to project management (L’utilisation de logiciels d’intelligence artificielle dans la gestion de projets). Dans son article, il expliquait que l’intelligence artificielle pourrait un jour effectuer de nombreuses tâches de gestion de projets, telles que la préparation d’un budget et d’un calendrier d’exécution, ou encore l’analyse de la valeur et des risques.

De nombreux logiciels de gestion de projets comportent des fonctionnalités assistées par intelligence artificielle, destinées à la planification de l’exécution et du budget ainsi qu’à la gestion des risques. D’autres sont dotés de tutoriels intégrés ou de chatbots qui vous guident à mesure que vous utilisez le logiciel et vous permettent d’interagir avec le système de gestion de projets.

Que nous réserve l’avenir ? Imaginez pouvoir converser avec vos applications de gestion de projets sans avoir à utiliser le clavier, tout comme vous le faites déjà  avec Alexa ou Siri. “Où en est notre budget, Pam ?” ou “Montre-moi le calendrier d’exécution le plus récent, Pam.” Selon un rapport de Gartner, dès 2020, l’individu moyen parlera plus fréquemment avec un robot qu’avec son conjoint…

À l’avenir, l’intelligence artificielle pourra analyser d’immenses ensembles de données et émettre des recommandations basées sur l’analyse en question. Elle pourra assister les entreprises dans un monde où les volumes de données ne cessent d’augmenter, rendant les méthodes classiques de plus en plus obsolètes. Bientôt, vous pourrez recruter un nouveau collaborateur en vous basant sur sa personnalité et ses compétences, à l’aide d’une application d’intelligence artificielle qui choisira le poste idéal au sein de votre organisation en fonction de facteurs quantifiables (expérience, compétences…).

Toutefois, ne vous méprenez pas. Algorithmes et assistants vocaux, oui. Mais secrétaires androïdes et employés automates, ce n’est pas encore pour demain ! Dans le rapport de Gartner intitulé Artificial Intelligence Primer for 2018 (Les progrès de l’intelligence artificielle en 2018), Whit Andrews et Tom Austin affirment que “le potentiel transformateur de l’intelligence artificielle est entravé par l’enthousiasme excessif dont il fait l’objet, ce qui donne lieu à un manque flagrant de compréhension, à des attentes démesurées et à des évaluations faussées de la valeur commerciale de la technologie”.

En d’autres termes, les fonctionnalités assistées par intelligence artificielle que vous employez actuellement pour gérer les risques et planifier les budgets ne sont pas prêtes de changer de façon radicale. Toutefois, restons optimistes : le cyborg gestionnaire de projets existera peut-être un jour !

Micropuces

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En science-fiction

Les exemples sont nombreux ! Dans le premier film de George Lucas, “THX 1138”, la population est identifiée par un code à trois lettres et quatre chiffres, et contrôlée par des agents de police androïdes. Dans “L’Homme terminal”, un film de 1974 basé sur le roman de Michael Crichton, des scientifiques tentent d’implanter des neurotransmetteurs dans le cerveau d’un patient atteint de troubles mentaux, afin de contrôler ses pulsions violentes. Et dans “Matrix”, Neo apprend le Kung Fu en connectant son cerveau à un ordinateur.

Les oreillettes de Doctor Who, héros de la célèbre série de science-fiction britannique du même nom, ont le pouvoir de faire entrer leur porteur en transe, afin de le contrôler ou de le transformer en superhumain cybernétique.

Mais les auteurs de science-fiction n’ont pas tous la même vision : les micropuces du futur
serviront-elles à identifier et à surveiller les individus, à les contrôler ou bien à favoriser l’apprentissage accéléré ? Personnellement, si je pouvais choisir, j’opterais pour la dernière option. Imaginez apprendre à faire du ski nautique en quelques secondes !

Dans la réalité

Certaines entreprises ont déjà commencé à implanter des micropuces sous la peau de leurs collaborateurs afin d’améliorer leur processus d’identification (si l’employé est d’accord, bien entendu).

L’été dernier, Three Square Market, une entreprise spécialisée dans les distributeurs automatiques et basée dans le Wisconsin (États-Unis), a proposé à ses collaborateurs de se faire implanter, sous la peau reliant le pouce et l’index, une micropuce développée par une entreprise suédoise d’électronique, Biohax International.

De la taille d’un grain de riz, cette puce permet aux collaborateurs de s’identifier par le biais d’un système de communication en champ proche, d’avoir accès aux bâtiments ainsi qu’aux ordinateurs et de payer automatiquement à la cantine. Mais n’étant pas équipée de technologie GPS, la puce ne peut pas localiser les collaborateurs qui se mettent en congé maladie. “Ouf !”, penseront certains.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, plus de la moitié des employés de Three Square Market a opté pour la micropuce.

Mais comment cette technologie influencera-t-elle le monde de la gestion de projets ?

Imaginez que vous gérez une équipe d’ingénieurs depuis votre poste de travail. En plus du typique portrait associé à chaque collaborateur pour les identifier, votre logiciel de gestion de projets les localise sur une carte, en temps réel, et vous indique la mission sur laquelle chacun d’entre eux travaille ainsi que les heures travaillées.

Bien sûr,  la protection de la vie privée est l’une des préoccupations majeures associées à ce système. Mais n’oublions pas que l’utilisation des ordinateurs par les employés ainsi que leur comportement sur les médias sociaux sont déjà surveillés par les équipes de direction des entreprises depuis de nombreuses années !

Dans le domaine de la gestion de projets, les micropuces semblent donc principalement vouées au suivi des collaborateurs. Toutefois, le DARPA (une agence du département de défense américain) travaille actuellement sur un projet susceptible d’influencer le secteur à l’échelle mondiale.

Leur programme NESD (ou Neural Engineering System Design) a pour objectif de créer un lien entre le cerveau et les systèmes électroniques externes, afin de permettre aux humains de communiquer directement avec les machines. Selon eux, “une telle interface permettrait de convertir les signaux électrochimiques utilisés par les neurones en signaux à base de 1 et de 0 employés par les systèmes informatiques, et ce, à très grande échelle”.

Dans la pratique, cette technologie mènerait à la création de membres cybernétiques, d’implants de type cochléaires capables de traduire toutes les langues et d’yeux artificiels conçus pour vous donner des informations utiles qui changent selon ce que vous regardez. En d’autres termes, nous deviendrions presque des RoboCop. Ahurissant, non ?

Visioconférence

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En science-fiction

Dans Star Trek (la série originale), le capitaine Kirk communique régulièrement avec ses alliés et ses ennemis par visioconférence. Certes, un visiophone rudimentaire, le PicturePhone, fut présenté par Bell lors de l’Exposition universelle de 1964, mais cette technologie semblait malgré tout extraordinaire dans les années 60.

Dès lors, la vidéoconférence s’est imposée comme la technologie du futur dans de nombreux films et séries du genre, comme “La Guerre des étoiles” ou même certains films de James Bond. D’ailleurs, même le plus vieux film de science-fiction au monde contient un visiophone : “Metropolis”, par Fritz Lang (1927). Mais peut-être était-ce à prévoir : une fois le téléphone et la vidéo inventés, il suffisait de les combiner ! Comme Adi Robertson nous l’explique sur le site The Verge, “la conversation par voie vidéo est un concept bien rôdé qui a su s’imposer dans le monde de la science-fiction”.

Dans la réalité

La vidéoconférence est désormais un outil indispensable aux entreprises. Et les professionnels de la gestion de projet (notamment) s’y sont très rapidement habitués !

Avec Skype for Business,  ils peuvent faire circuler des documents et partager leur écran avec les participants ; sans oublier le live streaming (ou diffusion en direct), qui permet à quiconque disposant d’un appareil connecté à Internet de diffuser du contenu dans le monde entier.

Grâce à la visioconférence, différents membres d’une équipe qui sont en télétravail peuvent se réunir sans avoir à se déplacer, ce qui réduit considérablement les dépenses.

Et en termes de gestion de projet, quels sont les avantages ?

Le manque de communication étant l’une des principales causes d’échec des projets infructueux, il est primordial de résoudre ce problème. Le futur, c’est peut-être une visioconférence en trois dimensions avec ses collègues, pour assister à une présentation traduite automatiquement. Quelque chose au fond de très similaire aux rassemblements des personnages de Star Trek dans l’holodeck, mais sans devoir aller se  battre sur une planète hostile !

Réalité virtuelle

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En science-fiction

Créé par Disney en 1982, le film “Tron” est l’une des représentations visuelles les plus marquantes de la réalité virtuelle en science-fiction. Programmateur de jeux vidéo de génie, Kevin Flynn (interprété par Jeff Bridges) parvient à pénétrer dans le système informatique d’ENCOM pour se mesurer au MCP (Maître Contrôle Principal). Le film présentait un environnement de réalité virtuelle très moderne pour l’époque, alors que l’informatique en était encore à ses prémices.

L’année suivante, “Brainstorm” (avec Christopher Walken) nous offre une interprétation plus réaliste, et moins grand public, de la réalité virtuelle. Puis, dans les années 90, les films de science-fiction ont beaucoup traité de réalité virtuelle, avec par exemple “Le Cobaye“, “Johnny Mnemonic” ou encore “Programmé pour tuer“.

Plus récents, les longs-métrages “Avatar” et “Inception” (et la fameuse toupie qui s’arrête de tourner…. ou pas !) sont déjà devenus des classiques.

Tous ces films, aux intrigues disparates, partagent un thème commun : la ligne imaginaire qui sépare la réalité virtuelle du réel devient de moins en moins claire. Les personnages évoluent-ils dans la réalité ou dans l’imaginaire ? Et au final, à quel moment la distinction entre les deux cesse d’avoir de l’importance ?

Dans la réalité

Non, les gestionnaires de projets ne travaillent pas encore avec un casque de réalité virtuelle sur la tête. Mais la réalité augmentée (petite sœur de la réalité virtuelle) s’est fait une place dans notre quotidien par le biais de plusieurs applications, par exemple Snapchat, Giphy World et Ikea Place.

À l’occasion de la conférence Gartner Symposium/ITxpo qui a eu lieu à Orlando en 2016, Daryl Plummer a dit que “l’expérience et l’engagement numériques seront tels que les individus seront en permanence en interaction virtuelle”.

Que voulait-il dire par là ? Eh bien, que les visites virtuelles feront bientôt partie de notre quotidien. Elles nous permettront, par exemple, de vérifier les prix pratiqués en magasin avant de nous déplacer. Pour ce faire, il suffira de se servir d’un écran de téléphone ou d’un casque léger (comme Google Glass) en mode affichage tête haute.

Quel impact cette technologie aura-t-elle sur la gestion de projets ? Elle pourrait permettre de visiter une installation à l’aide d’une tablette ou d’un casque, en superposant les dimensions de ce que vous visionnez sur l’image affichée à l’écran. Ou encore d’inspecter une salle de serveurs en affichant la capacité, la durée de vie et la valeur financière de chaque appareil en temps réel.

De moins en moins coûteux et de plus en plus légers, les casques de réalité virtuelle (Samsung Gear, Oculus Rift et Google Daydream, par exemple) donneront bientôt accès à des applications de réalité virtuelle en immersion complète, issues de la réalité augmentée. Grâce à cette technologie, vous n’aurez plus besoin d’être sur place pour découvrir un site et l’analyser pour votre projet.

La réalité virtuelle pourrait également servir à enseigner la gestion de projet, en permettant aux étudiants de participer à une réunion Scrum quotidienne dans un contexte virtuel où les enjeux ne sont pas réels.

Et vous, comment imaginez-vous l’avenir de la gestion de projets ?

C’est un fait : l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle existent déjà. Mais d’après vous, quelles sont les technologies extraordinaires auxquelles les gestionnaires de projets auront accès en 2100 ? Le voyage dans le temps ? Voilà qui simplifierait considérablement le respect des délais. La téléportation ? Facile pour se rendre à la prochaine réunion à l’autre bout de la terre !

Faites vos paris dans les commentaires ci-dessous !


Crédits image : GIPHY

(article traduit de l’anglais)