Améliorer le bien-être au travail : les 3 piliers

Publié le 27/09/2019 par Caroline Rousseau

Quand on pense “travail”, on pense productivité, efforts, heures supplémentaires, mais pas forcément “bien-être”. Cependant, à en croire plusieurs études, s’il y a bien un mot-clé qui est de plus en plus d’actualité, c’est bien celui-ci. S’épuiser pour livrer un projet en temps et en heure, se laisser envahir par le stress et passer ses soirées à plancher sur des dossiers pour le lendemain : tout cela a un coût pour l’individu, l’entreprise et la société tout entière. D’après une étude du Baromètre des salariés publiée en février 2019, 38 % des salariés français souffrent de stress au bureau, 52 % d’entre eux ont ressenti de la fatigue liée à une surcharge de travail et 17 % ont déjà été victimes du burn-out, un état d’épuisement physique et mental qui peut avoir des conséquences sérieuses sur la santé de l’employé. Autant de raisons qui poussent à améliorer le bien-être au travail.

Mais alors, que faire pour remédier au mal-être au travail ? Devez-vous prévoir une soirée pétanque tous les vendredis ? Obliger vos équipes à déjeuner ensemble ? Organiser des séjours corporatifs à La Baule? Rien de tout ça.

Il s’agit tout d’abord d’évaluer ces trois critères du bien-être :

  • le bien-être physique
  • le bien-être auditif
  • le bien-être organisationnel

Les 3 piliers pour améliorer le bien être au travail

Le bien-être physique

Visualisez la scène : il fait beau, vous vous installez à la jolie terrasse d’un café, prêt à profiter d’un moment privilégié… Et vous réalisez que votre chaise est branlante. C’est agaçant, n’est-ce pas ? Mais pas autant que de travailler 8 heures et plus, assis sur une chaise inconfortable, trop basse et bruyante, en face d’un bureau des années 70 contre lequel vous vous cognez les genoux à chaque fois que vous vous tournez. L’ergonomie est un concept que de plus en plus d’entreprises prennent en considération au moment d’aménager leurs locaux.

L’action : dans le domaine du tertiaire, cela passe par le choix d’un bureau résistant et assez large pour y poser ses dossiers ; d’une chaise à roulettes réglables et à accoudoirs ; d’un support pour écran ajustable pour éviter la fatigue oculaire. Pensez à l’éclairage, aux meubles de rangement et aux aménagements requis pour les employés à mobilité réduite. Selon votre budget, vous pouvez également ajouter des repose-pieds, opter pour des bureaux électriques réglables en hauteur, ou proposer des fitballs (gros ballons gonflables extrêmement résistants) en guise de sièges. Vous pouvez contacter des consultants spécialisés dans la santé ou l’ergonomie pour organiser des ateliers adaptés aux besoins de vos employés.

L’objectif : limiter le risque de TMS ou troubles musculosquelettiques dus aux positions de travail forcées. Un employé mal installé à son poste de travail est un employé moins productif, plus vulnérable au stress et qui risque de s’absenter régulièrement pour raisons médicales.

La source d’inspiration : l’entreprise française Clarins a organisé une campagne de prévention des TMS sur leur site de Pontoise, ainsi qu’une journée annuelle consacrée à la santé du dos. 

Le bien-être auditif

Pour reprendre l’exemple de la pause en terrasse, imaginons maintenant qu’une équipe d’ouvriers s’installe en face dudit café et se mette à creuser la chaussée. Vous essaierez bien de continuer à lire votre journal entre deux coups de marteau-piqueur, mais vous ne voudriez pas y passer la journée non plus.

Les nuisances sonores, si elles peuvent être tolérables à (très) court terme, peuvent avoir un impact tangible sur les performances au travail. D’après une étude réalisée par Audika et OpinionWay en 2017, 20 % des salariés interrogés notent une perte de productivité de 30 min par jour en raison du bruit excessif sur leur lieu de travail. Bien sûr, même si les plus affectés sont les ouvriers du bâtiment et autres secteurs industriels, d’autres professions sont touchées : employés de la restauration, professionnels de la santé, travailleurs en open space… Pour ces derniers, il est en difficile de se concentrer quand un collègue parle à voix haute à longueur de journée, quand un responsable s’époumone au téléphone ou que la musique du voisin s’échappe de ses écouteurs. Le bruit constitue une pollution dont les conséquences sont aussi bien physiques que mentales.

L’action : il convient de penser à l’acoustique au moment d’aménager ses bureaux. Prévoyez un espace dédié situé à l’écart de l’open space pour les réunions, les conférences téléphoniques et les entretiens individuels. Séparez les divers espaces à l’aide de plantes. Regroupez les équipes les plus souvent au téléphone (commerciaux, assistance technique) loin des équipes nécessitant plus de tranquillité (service juridique, traducteurs). Quant aux employés les plus sensibles aux nuisances sonores, pensez aux casques antibruit ou même au télétravail.

L’objectif : limiter le risque de déconcentration et de troubles du sommeil pour l’individu, et préserver une atmosphère professionnelle au bureau. En effet, un environnement bruyant est un environnement propice aux conflits.

La source d’inspiration : L’Oréal, SDF, Sodexo… De plus en plus d’entreprises françaises marchent dans les traces de leurs consœurs américaines et proposent des ateliers de méditation guidée ou de yoga sur le lieu de travail, deux activités où le calme et la tranquillité sont de mise. La pause-silence, une alternative à la pause-café ?

Le bien-être organisationnel

Revenons une dernière fois à notre petite terrasse ensoleillée. Vous avez réussi à caler votre chaise branlante, les ouvriers sont partis sur un autre chantier, vous pouvez enfin finir votre café en toute tranquillité. Au moment de régler l’addition, c’est la débandade : une dizaine de clients patientent au comptoir, les serveurs ont disparu, vous n’avez pas de monnaie sur vous et vous ne savez pas s’ils acceptent la carte bleue. Vous perdez du temps à analyser une situation peu claire pour réaliser une action simple : payer votre consommation.S’il s’agit bien sûr d’un contretemps négligeable dans cet exemple-ci, imaginez un peu le chaos qu’un manque d’organisation peut générer à l’échelle d’une PME.

À l’heure actuelle, la tendance dans le monde du travail est aux employés polyvalents, capables de réaliser les tâches qu’on leur assigne mais aussi de faire preuve d’initiative (d’où cette élusive “force de proposition” que l’on retrouve dans bien des annonces). Il n’est pas rare que des managers embauchent des candidats proactifs et volontaires qui se heurtent rapidement aux processus lents et obsolètes d’une organisation embourbée dans un système de gestion rigide. Politiques RH mystérieuses, structure hiérarchique floue, outils de communication en surnombre… C’est là que l’ergonomie organisationnelle entre en scène. 

L’action : faites un sondage auprès de votre équipe pour identifier les aspects problématiques de votre structure interne. Convenez d’une révision annuelle de vos processus avec les services concernés. Vérifiez que vos manuels d’utilisation sont à jour, mis à disposition de tous et faciles à comprendre pour un novice, ou confiez-en la rédaction à des spécialistes. Établissez des canaux de communication dédiés à chaque type d’échange et définissez clairement le rôle de chacun au sein de l’équipe.

L’objectif : réduire le stress lié au manque d’organisation et encourager l’implication des collaborateurs. Un employé qui se sent perdu dans son travail ou qui doit prendre des centaines de microdécisions pour réaliser les tâches les plus simples est un employé qui risque de se désengager.

La source d’inspiration : la biscuiterie Poult s’est débarrassée de plusieurs niveaux de hiérarchie, a mis en place un incubateur d’idées et laisse désormais le soin à chaque employé de s’organiser comme il le souhaite.

Quelle que soit la taille de votre équipe, il est crucial d’étudier chacun de ces trois aspects pour évaluer le bien-être au travail. Une fois que vous avez déterminé votre champ d’action, organisez des sessions de brainstorming, appuyez-vous sur des logiciels dédiés et implémentez des changements durables pour replacer l’humain au cœur de l’entreprise.