La situation économique et sociale des startups françaises en 2019

Publié le 10/01/2019 par Sonia Mokrani

La situation économique et sociale des startups françaises en 2019

Startup, jeune pousse, entreprise qui démarre… autant de synonymes pour désigner la petite entreprise qui grimpe. Pour autant, elle n’est pas définie par un nombre précis d’employés, comme une PME ou TPE, et c’est plutôt le caractère innovant et le fort potentiel de croissance qui constituent leur dénominateur commun. Ces nouvelles entreprises sont regroupées en France sous l’enseigne de la French Tech du Ministère de l’Économie et des Finances français. La fin des années 90 et le début du XXIe siècle ont vu l’essor de ces “jeunes pousses”.

Pour cet article, le comparateur de logiciels en ligne Capterra s’est intéressé de près aux startups d’aujourd’hui en analysant à la fois un sondage réalisé auprès de startups*, une étude interne sur 1 200 jeunes pousses françaises dans toutes les régions de France** et des études externes***.

Selon une étude de BVA***, les 3 qualificatifs les plus associés aux startups sont “innovante”, “dynamique” et “faisant partie du secteur des nouvelles technologies”. Alors, en ce début 2019, quelles sont les startups qui font l’innovation en France et qui réussissent ? Quels sont les plus grands défis que les entrepreneurs ont à relever et quelles sont leurs priorités ? Retrouvez toutes ces réponses, et plus, dans notre article.

Les startups en France aujourd’hui

Avec plus de 10 000 startups en France, l’entrepreneuriat est bien loin de faire peur aux Français. Selon un sondage de Dell et CSA Research***, pour un entrepreneur sur deux, la création d’une entreprise innovante est plutôt facile, et 16 % la considèrent même très facile. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les startups françaises se multiplient et augmentent leur chiffre d’affaires : en moyenne, il est passé de 2,12 millions d’euros en 2013 à 5,29 millions en 2016 pour ce qui est des startups digitales (d’après Ernst&Young et France Digitale***).

Capterra s’est servi d’un échantillon représentatif et s’est penché sur 1 200 startups réparties dans toutes les régions de France pour connaître et comprendre leurs forces, leurs faiblesses, les défis auxquels elles font face et les investissements injectés**. Pour cela, nous avons analysé le nombre d’employés, le capital, les secteurs d’activité, les villes principales ainsi que le genre des fondateurs de ces 1 200 startups afin d’obtenir les données présentes sur la carte interactive ci-dessous. Observons-la.

Les régions qui concentrent le plus de startups en France sont les suivantes :

  • L’Île-de-France (qui est le berceau de 51 % des startups)
  • L’Auvergne-Rhône-Alpes (11 %)
  • L’Occitanie (7 %)

Les secteurs d’activité dans lesquelles elles sont actives sont principalement les suivants :

  • Les technologies de l’informatique et de l’information (18 %)
  • Les services aux entreprises (17 %)
  • L’électronique (9 %)

Enfin, il est clair que les startups sont un univers extrêmement masculin : 85 % des entrepreneurs à la tête de ce genre d’entreprise sont des hommes, contre seulement 15 % de femmes.

Le profil des créateurs de startups : qui sont-ils ?

Le stéréotype du créateur de startup est un jeune homme d’à peine 30 ans qui n’a pas fait de grandes études, mais dont l’idée révolutionnaire lui a rapporté gros. Le cliché est-il réalité ?

En premier lieu, il est évident que le marché des startups en France est principalement masculin, puisque les fondateurs sont majoritairement des hommes. On compte seulement 15 % de fondatrices.

De même, le stéréotype colle bien à la réalité en ce qui concerne l’âge des fondateurs. Selon une étude réalisée entre 2011 et 2016 par NUMA***, plus d’un tiers (35 %) des entrepreneurs français se situent dans la tranche d’âge de 25-29 ans, et presque un quart (24 %) dans celle des 30-34 ans. 25 % avaient plus de 35 ans lorsqu’ils ont créé leur startup. Ces entrepreneurs commencent jeunes et bien souvent après avoir obtenu leur diplôme de fin d’études.

Toutefois, les startups ne sont pas fondées sur une simple idée et de très légers bagages universitaires. Bien au contraire. Les autodidactes existent bel et bien, mais restent une exception. Les entrepreneurs français, peu importe leur âge, ont généralement un master, un diplôme provenant d’une école de commerce ou encore d’une école d’ingénieur. Les fondateurs de startup ne se lancent pas à l’aveugle.

En termes de situation géographique, Paris reste le berceau des startups. La capitale est en tête à tous les niveaux : nombre de startups créées et diversité des secteurs d’activité. Lyon arrive en deuxième position : troisième ville de France en nombre d’habitants, elle est attrayante pour les entrepreneurs (à l’instar du www2018 par exemple) et abrite bon nombre de startups.

Enfin, si les fondateurs s’associent, ils ne le font pas avec n’importe qui : plus d’une startup sur quatre (27 %) a été créée par un groupe d’amis, et presque une sur quatre (24 %) par des personnes qui se sont connus à l’école.

Le profil de l'entrepeneur français

Les secteurs dactivité les plus représentés par les startups en France

D’après l’analyse de Capterra** sur 1 200 startups françaises, les secteurs d’activité qui dominent le marché des startups sont les services du numérique et les nouvelles technologies de l’information et communication (SSII et NTIC), suivies par les services aux entreprises, le secteur électronique et le secteur pharmaceutique. La mode, la culture et la restauration ne sont pas loin derrière.

Selon NUMA***, les startups françaises travaillent à 38,8 % dans le B2C. Le B2B2C et le B2B représentent quant à eux 29,6 % et 19,7 % de la part de marché.

Top 5 des secteurs d'activité en France et leurs villes principales

Les défis des entrepreneurs français

D’après l’enquête de NUMA***, la raison principale qui pousse les entrepreneurs français à créer des startups est l’envie de relever des défis (71,9 %). La deuxième raison, pour plus de la moitié des entrepreneurs de startups (55 %), est de changer les règles : c’est même de là que démarre l’innovation. Enfin, las de l’autorité entrepreneuriale et surtout patronale, 40,4 % des fondateurs de startups ont été guidés par l’envie de devenir indépendants et de ne plus rendre de comptes à leur supérieur hiérarchique.

Cependant, si les startups sont nombreuses à voir le jour, certaines sont malheureusement tout aussi rapides à fermer leurs portes. Selon une étude de l’Insee*** de 2017, quatre entreprises françaises sur dix plient boutique avant leur cinquième anniversaire. CB Insights s’est intéressé à ce phénomène et en a conclu que les cinq causes d’échec majeures sont les suivantes :

  • Une absence de marché ou de besoin (42 %)
  • Un manque de trésorerie (29 %)
  • Une équipe inadaptée (23 %)
  • Une concurrence qui est plus forte (19 %)
  • Un produit trop onéreux (18 %)

Même si l’on peut penser qu’une startup est une structure facile à lancer, Capterra a voulu connaître les défis auxquels font face les entrepreneurs et les employés dans une startup en menant un sondage*. Résultats : le manque de liquidités est la principale difficulté pour 19 % des sondés (ce qui rejoint l’étude de CB Insights). Cela explique également le nombre élevé de levées de fonds réalisées par les jeunes pousses pour garder la tête hors de l’eau. Le défi qui arrive en deuxième position est lié aux aspects marketing et à la promotion : 17 % des interrogés disent avoir des difficultés à faire la publicité de leur marque. Enfin, pour 12 % des interrogés, travailler avec un personnel réduit représente un défi non négligeable.

Face à ces difficultés, quelles sont les priorités ? Pour plus d’un tiers des startups (34 %), il s’agit de vendre. Trouver des clients et générer des profits s’impose comme le test ultime afin de savoir si la startup a de l’avenir. Ensuite, il faut mettre en place et finaliser les processus de l’entreprise (21 % des interrogés) et gérer efficacement les ressources humaines et financières (19 % des interrogés). Ces deux dernières priorités jouent davantage sur la gestion interne propre à chaque startup, mais elles semblent avoir de l’importance : si l’entreprise est suffisamment organisée de l’intérieur, elle devrait avoir plus de chances de réussir.

Puisque le manque d’argent est une épée de Damoclès pour les startups, il est donc vital que le budget soit investi intelligemment. Alors, dans quoi ces entreprises investissent ? D’après l’enquête de Capterra*, le budget initial des startups est principalement destiné au recrutement et aux salaires (36,5 %). Il s’ensuit les coûts liés aux activités promotionnelles et publicitaires (27 %), puis le loyer et le matériel (26,5 %). Enfin, l’investissement en logiciels représente tout de même 9 %.

Finalement, nous avons voulu savoir quelles étaient les idées fausses sur les startups. D’après les dirigeants ou employés de ces entreprises, quelles sont les idées reçues présentes dans l’inconscient collectif qui s’avèrent erronées dans la réalité du marché des startups ? Pour 33 % des sondés, il s’agit de la concurrence inexistante : comme toute autre entreprise, les startups doivent faire face à des concurrents. Pour 29 % des interrogés, la principale idée fausse serait que les startups se développent rapidement : ce n’est pas toujours le cas et certaines peuvent même mettre des années à progresser.

Quels logiciels pour une startup ?

Bien que la plus grande partie du budget des startups soit réservée au recrutement et aux salaires, 9 % des liquidités sont prévues pour l’achat de logiciels.

Les levées de fonds des startups sont utiles pour se développer, commercialiser son produit ou ses services et réaliser d’autres investissements essentiels. Cependant, même si les levées de fonds aident un tiers (31 %) des startups, dans 9 cas sur 10, le capital initial provient des fondateurs, selon l’étude de Dell***. Une startup sur deux (51 %) obtient des aides publiques.

Pour ce qui est des logiciels, il est tentant d’acheter d’emblée les plus réputés. Cependant, cela peut être risqué et peu rentable. En effet, une startup, comme son nom l’indique, est une entreprise en démarrage : mieux vaut se tourner vers les logiciels bon marché. Bon nombre de logiciels gratuits ou open source, de divers types, ont obtenu de très bonnes notes sur Capterra.

Toujours dans notre dernier sondage*, nous avons demandé à des PME d’indiquer les logiciels dont elles se servaient le plus et qui étaient essentiels au bon fonctionnement de l’entreprise. Voici les 5 catégories de logiciels qui sont arrivées en tête :

Le tableau suivant présente, pour chacune de ces catégories, le logiciel disponible en version gratuite et en français le mieux noté sur Capterra.

Les logiciels gratuits les mieux notés pour développer sa startup

Pour connaître d’autres logiciels gratuits disponibles sur le marché, n’hésitez pas à vous tourner vers les articles dans lesquels nous détaillons des outils de gestion de projet, des logiciels de ressources humaines ou encore des logiciels ERP.

En résumé : bilan sur les startups en France

Les startups françaises sont en plein essor, avec Paris pour épicentre. Attendons maintenant de voir si cette croissance continuera sur sa lancée en 2019, si les femmes seront davantage mises en avant et si d’autres régions et villes verront leur nombre de startups croître. Il est vrai qu’un certain nombre de startups font faillite avant leur cinquième année, ce qui peut effrayer les futurs entrepreneurs. Mais il ne faut pas s’arrêter à ce chiffre : tout reste à voir et de belles perspectives se dessinent selon les régions et les secteurs.

 


* Sondage interne réalisé par Capterra auprès de 140 créateurs et salariés de startups entre novembre et décembre 2018.

** Source des données concernant les 1 200 startups : Myfrenchstartup.com. Données recueillies et analysées pour l’infographie interactive.

*** Source des données : Statista.fr. Pour toutes les données qui n’ont pas de lien, elles ont été commandées pour cette étude spécialement auprès de Statista.