L’économie circulaire en entreprise peut-elle se pérenniser ?

Publié le 13/09/2022 par Emilie Audubert

Recyclage, production de biens durables ou encore achats de seconde main : de nombreuses initiatives liées au concept d’économie circulaire voient le jour dans le monde des entreprises. Quels sont les enjeux liés à ce modèle économique en pleine expansion ? Découvrez la nouvelle enquête de Capterra consacrée à ce sujet.

Opinion des consommateurs économie circulaire

En juillet 2022, c’est un constat de crise planétaire préoccupant qui a été dressé par l’Organisation des Nations Unies : urgence climatique, perte de biodiversité et pollution ont été pointés comme des facteurs majeurs qui doivent inciter à un changement des habitudes de production de la part des industries et de consommation de la part des populations.

Pour répondre à cette urgence, de nombreux acteurs gouvernementaux, dont la France, ont établi un plan d’action juridique pour impliquer entreprises et consommateurs dans un modèle de production de services et de produits plus durables. Parmi les exemples récents, figure celui de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, datant de février 2020. Son objectif ? Limiter le gaspillage des ressources et la production des déchets en encourageant le principe d’économie circulaire.

Qu’il s’agisse d’inciter au recyclage des emballages plastiques, de développer les achats de biens d’occasion, ou encore de lutter contre le gaspillage alimentaire en proposant des invendus à prix réduits, différentes initiatives illustrent la mise en œuvre de ce modèle économique.

Quelle est l’implication réelle des Français vis-à-vis de l’économie circulaire ? Quel engagement attendent-ils des entreprises ? Telles sont les problématiques abordées par Capterra dans une nouvelle étude menée en août 2022 auprès de 1010 consommateurs français.

Une méthodologie complète est disponible à la fin de cet article.

L’économie circulaire, un concept familier pour 67 % des Français

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?
Principe économique et de production visant à étendre le cycle de vie d’un produit en réutilisant, réparant et recyclant les objets : c’est ainsi qu’en 2015 est défini le concept d’économie circulaire ; il fait alors officiellement son entrée dans les mesures prévues par l’État français dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

C’est la définition que nous avons choisi de présenter aux répondants à notre enquête afin d’évaluer leur familiarité avec ce concept.

Le principe d’économie circulaire est élaboré selon sept axes principaux :

Les 7 piliers de l’économie circulaire

Au fil des années, l’économie circulaire s’est fait une place dans la vie quotidienne des Français, en s’appliquant à différents secteurs de consommation : des plateformes de vêtements de seconde main aux matériels informatiques reconditionnés, en passant par les applications antigaspillage alimentaire, de nombreux exemples témoignent de la popularité actuelle de ce modèle.

Il s’avère que pour la majorité de notre panel, le principe d’économie circulaire n’est pas une nouveauté : 39 % connaissent ce concept et sa dénomination, et 28 % en connaissent les fondements sans en connaître toutefois le nom exact.

Familiarité des consommateurs avec le principe d’économie circulaire

Une population française consciente de son impact écologique

Bien que les entreprises soient responsables de l’élaboration et du façonnement de produits répondant aux principes de l’économie circulaire, c’est également sur les comportements et habitudes des consommateurs que reposent l’adoption et le développement de ce modèle économique.

Il s’agit de facteurs dont les Français semblent avoir conscience.

Face à l’affirmation suivante :Je pense que mon comportement et mes décisions peuvent avoir un impact positif sur l’environnement”, une majorité se déclarent “d’accord” (58 %), voire “tout à fait d’accord” (30 %) avec ce propos. Ils ne sont en revanche qu’une faible proportion à indiquer leur désaccord (3 %), voire à être fortement en désaccord (9 %) avec ce dernier.

Avec cette étude, nous avons souhaité voir si et comment cette conscience écologique déclarée des consommateurs se traduisait en action, et identifier à quelle fréquence ces derniers se livraient à la pratique d’activités écoresponsables dans leur quotidien.

Fréquence des activités éco-responsables des Français

Trois actions apparaissent comme réalisées plus régulièrement par les participants : 

  • Faire ses courses avec des sacs réutilisables (86 %)
  • Séparer les ordures des matériaux recyclables (83 %)
  • Déposer les biens électroniques dans les centres de recyclage dédiés (55 %)

Ces réponses semblent concorder avec des mesures d’État récentes auxquelles ont dû se conformer les entreprises, telles que la fin de l’utilisation de sacs plastiques en caisse, la prévention et la gestion des déchets, qu’il s’agisse d’ordures ménagères ou de matériel électronique.

Parmi les actions qui ne sont en revanche jamais réalisées par une majorité de Français, on peut distinguer :

  • Le covoiturage (46 %)
  • La participation à des programmes de rachat (43 %)
  • Le compostage (33 %)

Les contraintes d’organisation pour réaliser un covoiturage, la méconnaissance des programmes de rachat proposés par les entreprises, tout comme le manque de connaissance pratique ou d’espace pour réaliser du compostage sont des motifs envisageables pour expliquer le manque d’intérêt des Français pour ce type d’actions.

Si les répondants de notre enquête semblent appliquer des efforts similaires à ceux demandés aux entreprises en matière d’économie circulaire, ce modèle a-t-il également un impact sur leur choix de produits de consommation ?

L’économie circulaire influence les décisions d’achat des consommateurs

L’économie circulaire n’est pas uniquement un modèle stimulé par des politiques gouvernementales : elle répond aussi à une demande croissante des consommateurs en matière de respect de l’environnement et de durabilité. Une enquête publiée en septembre 2021 par Capterra mettait déjà en exergue le souhait d’une consommation plus responsable par 94 % des consommateurs français.

C’est ce que confirment également les résultats de notre enquête.

Une consommation en faveur des entreprises pratiquant l’économie circulaire

Lorsqu’il leur est demandé de se positionner face à la déclaration suivante :Je préfèrerais acheter des produits d’une entreprise qui applique les principes de l’économie circulaire.’’, on note une nette préférence des consommateurs pour les entreprises produisant des biens de consommation selon ce principe (87 %) :  66 % expriment leur accord avec cette affirmation et 21 % estiment même y adhérer fortement.

Préférence des consommateurs pour les entreprises appliquant les principes de l’économie circulaire

Pour de nombreux consommateurs, l’absence d’application de ce principe pourrait même avoir un impact crucial au moment de choisir un produit. Ils sont ainsi  58 % de répondants prêts à ne plus acheter auprès d’une entreprise ne pratiquant aucune action d’économie circulaire, 27 % se révélant en accord avec cette idée, et 11 % fortement en accord. 

Conséquences de l’implication des entreprises dans l’économie circulaire sur la décision d’achat

Les facteurs sociétaux et environnementaux qui entourent la conception des biens qu’ils achètent apparaissent comme cruciaux pour les consommateurs. S’engager activement dans l’économie circulaire se révèle donc comme un élément de compétitivité d’importance pour les entreprises.

Quels secteurs apparaissent comme les plus investis aux yeux des consommateurs ?

Les industries du textile, de l’ameublement, de l’électronique et de la technologie sont jugées comme les plus investies

Lors de notre enquête, nous avons demandé aux participants d’évaluer quels sont selon eux les secteurs d’entreprise les plus engagés en matière d’économie circulaire.

Parmi les types d’industrie qu’ils qualifient de “quelque peu investis” à “très investis”, se détachent l’industrie du textile (49 %), l’ameublement (46 %) et l’électronique (45 %).

Ceux qui sont toutefois jugés comme “peu investis” voire “pas du tout investis” sont l’industrie chimique (81 %), le secteur automobile (62 %), la construction (61 %), et l’alimentation (56 %).

Évaluation de l’engagement des entreprises dans l’économie circulaire par secteur

Mise sous les feux des projecteurs en raison de son impact sur l’environnement, comme en témoigne le phénomène de fast fashion, l’industrie du textile a souvent été soumise aux critiques des gouvernements et des consommateurs. Plusieurs actions ont toutefois été menées par ce secteur pour tenter de remédier à ce problème : engagement pour des actions de recyclage, ou encore développement des projets visant à valoriser la seconde main font notamment partie des initiatives reconnues par les consommateurs.

L’industrie chimique reste quant à elle désignée comme l’une des industries contribuant le plus fortement aux gaz à effets de serre. Si des stratégies sont mises en place pour améliorer l’impact environnemental de ce secteur, des progrès restent encore à effectuer aux yeux des consommateurs.

Adapter son modèle de production aux challenges environnementaux et sociaux actuels est une stratégie qui doit s’établir sur le long terme pour les entreprises. Une structure qui s’avère moins dépendante des ressources naturelles que ses concurrents ou met en place des mesures claires pour lutter contre le changement climatique a de plus grandes chances de rester en phase avec les attentes des consommateurs.

Pour les aider à mesurer leur impact environnemental et à s’assurer de leur conformité avec les normes actuelles, les logiciels de durabilité sont des outils à considérer.

Quelles actions les Français attendent-ils en matière d’économie circulaire ?

De plus en plus conscients et préoccupés par les problèmes de déchets et d’épuisement des ressources, les consommateurs souhaitent non seulement adopter des pratiques de consommation responsable mais également constater autant l’implication des entreprises que des organismes gouvernementaux.

Quelles sont les actions qu’ils jugent prioritaires ?

Une priorité donnée à la réutilisation des matériaux et au recyclage
Diverses initiatives sont bel et bien envisagées par les entreprises désireuses de s’engager dans un processus authentique d’économie circulaire. Notre enquête a consulté l’ensemble des participants pour savoir “quels seraient les efforts les plus admirables ou les plus efficaces qu’une entreprise pourrait déployer pour encourager l’économie circulaire [?]”. Les participants pouvaient choisir jusqu’à 3 réponses possibles.

Parmi les actions prioritaires selon les consommateurs, sont mentionnées :

  • le recyclage (75 %)
  • le reconditionnement ou la remise à neuf des produits (67 %)
  • l’extension du cycle de vie des produits : 65 %

À l’heure où le principe d’obsolescence programmée est considéré depuis 2015 comme un délit par l’État Français, les consommateurs semblent aussi favoriser un système de production où le prolongement de la durée de vie et d’utilisation des produits est priorisé.

D’autres actions restent toutefois valorisées de façon égale par les consommateurs, qu’il s’agisse de la réutilisation des matériaux dans leurs processus de production (59 %), de la fabrication de produits renouvelables (58 %), ou encore de la réduction par les entreprises de leur consommation énergétique (57 %).

Le recyclage présente de nombreux bénéfices pour les entreprises : la réduction des coûts des matières premières et de l’empreinte carbone, mais aussi l’impact positif sur leur réputation en font partie.

Si ce processus peut au départ s’avérer complexe dans sa mise en œuvre, des solutions technologiques telles que les logiciels de recyclage sont conçus pour assister les entreprises dans cette transition, en les aidant par exemple à gérer les inventaires ou encore à obtenir des données spécifiques quant aux actions menées.

Une authenticité en matière d’informations disponibles

Comme souligné par la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, la disponibilité et l’accès des consommateurs à des informations fiables sont essentiels pour promouvoir les produits et services conçus en accord avec ce modèle.

Si les labels écologiques ou encore l’obligation de faire mentionner le pourcentage d’éléments recyclables font partie des actions demandées aux entreprises pour informer au mieux les consommateurs de leur implication, de nombreux consommateurs estiment que des efforts plus conséquents pourraient être fournis.

Ils sont ainsi près de 90 % à souhaiter voir affichées plus d’informations et de transparence quant aux efforts menés par les marques en matière d’économie circulaire, 55 % étant en accord avec cette affirmation et 35 % très en accord.

Évaluation du besoin d’information des consommateurs en matière d’efforts d’économie circulaire fournis par les entreprises

Un État garant de la supervision des pratiques des entreprises

Si des initiatives sont bel et bien développées par l’État, l’Hexagone reste toutefois considéré comme l’un des mauvais élèves en matière d’économie circulaire, et plus spécifiquement en matière de recyclage et de déchets plastiques.

Les consommateurs interrogés semblent également partager cette opinion, en estimant pour 91 % d’entre eux que les gouvernements devraient surveiller davantage la conformité des entreprises avec les processus d’économie circulaire”, 57 % soutenant cette déclaration, et 34 % y adhérant fortement.

Évaluation de l’encadrement des pratiques d’économie circulaire des gouvernements
Bien que les gouvernements s’engagent pour accélérer la prise de conscience des consommateurs et des entreprises, une étape supplémentaire reste encore à franchir selon l’opinion des consommateurs français.

L’économie circulaire est un facteur stratégique primordial pour les entreprises

Selon des projections réalisées par Gartner (article en anglais), les chaînes d’approvisionnement ne seront plus autorisées à produire des déchets d’ici 2029, sous l’impulsion des gouvernements et des consommateurs : adopter dès à présent des modèles commerciaux d’économie circulaire peut se révéler un moteur de compétitivité sur le long terme pour les entreprises.
Effectuer une transition vers un modèle d’entreprise plus circulaire peut les aider à réduire leur impact sur l’environnement, tout en répondant aux objectifs gouvernementaux. Il s’agit également d’une opportunité essentielle pour renforcer leur lien avec le consommateur en répondant à l’une de ses préoccupations majeures.
Et maintenant ? Consultez notre catalogue de logiciels de recyclage pour trouver l’outil qu’il vous faut.

Méthodologie

Pour collecter les données de ce rapport, Capterra a mené une enquête en ligne en août 2022 auprès d’un panel de 1010 consommateurs français. Ceux-ci ont été sélectionnés selon les critères suivants : 

  • Résident français
  • Âgé de plus de 18 ans 
  • Familier avec la définition du principe d’économie circulaire

Cet article peut faire référence à des produits, programmes ou services qui ne sont pas disponibles dans votre pays, ou qui peuvent être limités par les lois ou règlements de votre pays. Nous vous suggérons de consulter directement l'éditeur du logiciel pour obtenir des informations sur la disponibilité du produit et le respect des lois locales.

À propos de l'auteur

Content Analyst pour Capterra, à l'affût des dernières tendances technologiques et stratégiques pour les PME. Spécialisée en e-commerce, passionnée de podcast audio et des carlins.

Content Analyst pour Capterra, à l'affût des dernières tendances technologiques et stratégiques pour les PME. Spécialisée en e-commerce, passionnée de podcast audio et des carlins.