Le métavers peut-il transformer le commerce en ligne ?

Publié le 18/01/2022 par Emilie Audubert

A la croisée de multiples technologies, le métavers s’annonce comme une révolution potentielle pour les entreprises du e-commerce. Apprenez-en plus dans cet article Capterra.

L’impact futur du métavers sur le secteur du commerce en ligne

C’est le 28 octobre 2021 que le concept de métavers, ou metaverse en anglais, connaît un regain d’intérêt dans l’actualité des nouvelles technologies. Mark Zuckerberg, CEO de Facebook, annonce le changement du nom du groupe pour Meta, de pair avec son intention de déployer près de 10 000 employés en Europe entièrement dédiés à ce projet.

S’il a été popularisé par l’industrie du jeu vidéo, le métavers éveille à ce jour l’intérêt grandissant du monde des entreprises (article en anglais) pour les potentialités qu’il peut offrir en termes de ventes et de marketing en ligne.  Nike fait partie des sociétés qui ont d’ores et déjà fait part de leur volonté d’y investir : la marque a ainsi lancé son propre métavers nommé Nikeland, en collaboration avec la plateforme Roblox, où les utilisateurs peuvent dès à présent effectuer l’achat d’articles pour leurs doubles virtuels.

Comment ce concept, considéré par Gartner comme l’une des technologies d’avenir les plus impactantes à surveiller (article en anglais), peut-il jouer un rôle significatif dans l’évolution du commerce en ligne ? En quoi est-il une  innovation potentielle en matière d’expérience client ?
Découvrez les pistes de réflexions sur lesquelles s’est penché Capterra.

Qu’est-ce que le métavers ?

Définition du métavers

Issu de la contraction des mots “méta”, signifiant “au-delà”,  et “‘vers” en référence au terme “univers”, le métavers se définit comme un numérique immersif et connecté où ses utilisateurs, évoluant sous la forme d’avatars, peuvent se livrer à leurs activités habituelles. Aux côtés de Facebook/Meta, déclaré comme l’un des potentiels leaders du développement du métavers, plusieurs entreprises ont également fait part de leur volonté de se lancer dans la conception de ce type d’univers numérique.

Bien que le métavers paraisse une nouveauté, ce concept a pourtant été défini depuis 1992 et a connu des développements préliminaires aux annonces faites par les différents acteurs de l’industrie numérique actuelle.

Un monde virtuel né de la fiction

C’est dans le roman de science-fiction “Snow Crash” de Neal Stephenson, ou “Le Samouraï Virtuel” en français, qu’apparaît pour la première fois la notion de métavers. L’auteur fait évoluer son protagoniste principal dans un monde virtuel, sous la forme d’un avatar personnalisé (terme par ailleurs popularisé par le roman de Stephenson), accédant à un métavers par le biais de lunettes et d’écouteurs spécifiques.

Si ce roman dystopique a été plusieurs fois cité comme une influence majeure dans l’avènement du métavers, c’est que sa vision est considérée comme une référence par des personnalités de la Silicon Valley, à l’image des fondateurs de Google ou encore d’Amazon (article en anglais). L’ouvrage définit les critères principaux associés au développement du métavers défini par Zuckerberg, soit :

  • L’immersion de l’utilisateur par le biais d’un avatar et de technologies spécifiques (réseau connecté, réalité augmentée et réalité virtuelle)
  • L’accès à un monde numérique qu’il est possible d’intégrer ou de quitter à tout moment
  • La permanence de certains éléments (objets achetés, biens immobiliers, quartiers et rues à parcourir)

Le secteur du jeu vidéo est le fer de lance des prémices du métavers

Si la définition du métavers a pu naître de la fiction, des éléments bien réels de cet univers numérique ont pu voir le jour. L’industrie du jeu vidéo a fait appel en premier lieu aux codes relevant du concept que souhaite développer Facebook.

Les plateformes de jeu Fortnite, Minecraft, ou encore Roblox, partagent ainsi des points communs avec le principe du métavers : un espace où la communauté de joueurs peut  socialiser autour d’activités allant au-delà du jeu lui-même. On a ainsi pu voir des événements tels que des concerts virtuels de véritables artistes y voir le jour. Des activités d’achats et de vente en ligne y sont également présentes, avec l’option de personnaliser des avatars avec des vêtements exclusifs de marques telles que Balenciaga, ou encore des ventes d’objets d’art  par le biais des NFT.

Si le monde du jeu vidéo offre des potentialités similaires à celles que pourra offrir le métavers, des différences fondamentales restent cependant présentes avec le concept. Le nombre d’utilisateurs reste limité, et ces derniers ne peuvent pas accéder à différents univers numériques (par exemple de Fortnite à Roblox) sans avoir à se déconnecter de chaque plateforme. De plus, l’intégration d’activités n’appartenant pas au divertissement, telles que des réunions de travail virtuelles, ou encore des activités d’enseignement à distance, n’y sont pas incluses, activités qu’ambitionnent de développer les entreprises tournées vers la conception du métavers.

La distanciation sociale a amené plusieurs entreprises à repenser leur stratégie d’engagement auprès de leurs clients. Empruntée à l’univers du jeu vidéo, l’une des approches pour immerger le consommateur et fournir une expérience libérée de contraintes physiques est celle de la gamification.

En proposant des activités divertissantes autour de la marque, à l’image de Disney ayant organisé une chasse aux trésors virtuelle dans leur parc, ce principe peut permettre de maintenir un lien privilégié avec la clientèle.

Il peut également être employé en interne pour améliorer la motivation et les performances des employés autour de tâches jugés peu ludiques.  Gagner des points en complétant des quizz informatifs sur les normes classiques de sécurité de l’entreprise est l’un des différents exemples d’application de la gamification. 


Les opportunités du métavers pour le commerce en ligne

Dans un contexte favorable au développement de la vente en ligne, avec un chiffre d’affaires de fin d’année pour le ecommerce estimé par la Fevad aux alentours de 130 milliards d’euro et une hausse de 15 % sur le dernier trimestre de 2021, le métavers peut apporter de nouvelles possibilités de développement pour les entreprises.

Un nouveau potentiel de présence multi-canal

Avec l’avènement des réseaux sociaux, nombreuses sont les entreprises qui ont pu saisir les opportunités représentées par la vente multi-canal. La croissance du domaine du e-commerce a également pu évoluer de pair avec celle des habitudes des consommateurs, dont les achats en ligne se sont notamment accrus dans le contexte de la pandémie.

Si Facebook/Meta s’est déclaré comme l’un des acteurs majeurs du futur du métavers, d’autres entreprises ont fait part de leur souhait de développer leur propre métavers. Adidas a ainsi communiqué sur la création de son propre univers numérique, l’Adiverse, en collaboration avec la plateforme Sandbox. L’entreprise a ainsi commercialisé par ce biais des accessoires numériques, ainsi que des produits physiques exclusifs associés.

Les entreprises de la mode ne sont pas les seules entreprises à se lancer dans l’aventure : acteurs de la restauration (article en anglais), secteur de l’éducation, ou encore du divertissement tels que Netflix (article en anglais) sont à l’origine de projets liés au métavers.

Offrir une variété de plateformes de ventes aux clients est un élément d’importance pour les entreprises. Disposer d’une stratégie optimisée de vente multi-canal peut leur permettre d’élargir leur visibilité et leur présence en ligne, tout en y intégrant leurs canaux plus classiques de vente physique.

Des logiciels de e-commerce multicanal sont des outils à considérer pour centraliser la gestion de leurs différents canaux de vente.

Vers un marketing de nouvelle génération ?

Des cabines d’essayages virtuels, en passant par la recréation de stores en version numérique, la pratique du V-commerce (commerce virtuel fondée sur la réalité augmentée ou la réalité virtuelle) fait déjà appel à des technologies de pointe pour promouvoir une nouvelle expérience de la marque et du produit auprès des clients. L’intégration de ces technologies au sein du métavers pourra offrir aux clients la possibilité de bénéficier d’une expérience immersive et de tester les produits proposés à la vente de façon réaliste, en 2D ou en 3D.

L’une des autres tendances investies par le métavers est celle du marketing d’influence. Ce principe s’est déjà répandu auprès des entreprises, ces dernières n’hésitant pas à faire appel à des influenceurs pour promouvoir leurs produits et leurs images auprès de leurs communautés. Selon l’Influencer Marketing Hub, le marketing d’influence pourrait atteindre les 15 milliard d’euros d’ici fin 2022, le classant parmi les secteurs connaissant l’une des croissances les plus rapides.

Si des influenceurs réels pourraient investir le métavers, d’autres options ont également été dessinées par des marques. C’est ainsi que Prada a fait découvrir au grand public la figure de Candy, une influenceuse numérique (article en anglais), choisie pour représenter la marque.  D’autres initiatives d’influenceurs ont vu le jour, en Asie mais également en Amérique, où certains avatars tels Lil Miquela enregistrent des chiffres d’affaires de 7000 dollars (environ 6196 €) par publication. 

Qu’il soit opéré par des influenceurs réels ou virtuels, le marketing d’influence permet aux entreprises d’amplifier la portée de leur message auprès d’une audience ciblée.  En effectuant la promotion de produits ou de services auprès de leur communauté, les influenceurs sont un levier à considérer pour accroître les ventes et offrir une visibilité significative des marques.

Des logiciels de marketing d’influence peuvent vous aider à gérer votre stratégie en matière de sélection et de suivi des influenceurs.

Le métavers a encore des challenges à relever

Si le métavers propose de nouvelles pistes d’exploration pour les marques, il n’en reste pas moins encore un terrain soumis à des défis importants à relever. 

L’un des premiers challenges observés est celui de la technique. Si le concept de métavers prône l’immersivité, cette dernière passe avant tout par l’équipement adéquat. Si Facebook avait par exemple déjà investi dans le domaine en rachetant la marque Oculus, le marché des casques et lunettes virtuelles, bien qu’en croissance, reste encore jeune et en développement auprès du grand public. 

Un autre enjeu d’importance, celui de la réglementation juridique autour et au sein du métavers. Outre les questions liées à la sécurité des informations, l’appropriation des données collectées, et le respect de la vie privée des utilisateurs, se pose également celle de la gestion des infractions et délits potentiels commis via cet univers numérique, et donc d’un cadre légal qui reste encore à ce jour indéfini

Enfin, l’écosystème économique sur lequel repose le métavers en est encore à ses balbutiements. Basé sur une économie virtuelle où les échanges économiques sont réalisés par le biais de NFT, le métavers met en lumière les questionnements liés à l’utilisation des crypto-actifs : la sécurité, la volatilité et l’encadrement de ces actifs sont toujours au cœur des débats.

Anticiper les pré-requis du métavers est une nécessité

Si le métavers peut représenter de nouvelles opportunités pour les marques en matière de présence en ligne et de vente, ces dernières doivent également au préalable appréhender et maîtriser les nouveaux enjeux qui y sont associés. Les notions de cybersécurité, les investissements technologiques et de personnels formés à leur utilisation, mais aussi le développement stratégique de leur présence sur le métavers restent des impératifs à analyser.

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À propos de l'auteur

Content Analyst pour Capterra, à l'affût des dernières tendances technologiques et stratégiques pour les PME. Spécialisée en e-commerce, passionnée de podcast audio et des carlins.

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