La crise favorise les méthodes de paiement sans contact

Publié le 31/08/2020 par Caroline Rousseau

methode de paiement

La crise actuelle, outre les bouleversements comportementaux que l’on sait, a imposé des mesures qui profitent aux nouvelles technologies. C’est le cas notamment de l’adoption de logiciels dans le cadre professionnel pour encaisser les effets délétères de la crise, signes de l’accélération de la transformation digitale pour les PME à travers le monde. 

L’un des phénomènes provoqués par l’actualité est l’utilisation croissante des méthodes de paiement sans contact. À celles déjà bien ancrées dans nos mœurs (les cartes de crédit), s’ajoutent désormais les portefeuilles mobiles. C’est vers ces derniers que les regards se tournent aujourd’hui, impulsés par la crise de COVID-19 et ses mesures de distanciation sociale.

À quel point leur utilisation a-t-elle évolué ? Quels sont les avantages et inconvénients des applications de paiement via mobile ? Quelles sont les raisons qui poussent les Français à les utiliser aujourd’hui ? D’autre part, se dirige-t-on vers une cashless society, une société où l’argent liquide n’existerait plus ?

Capterra a interrogé 1034 consommateurs sur leur fréquence d’utilisation et leur rapport aux méthodes dites “sans contact” afin de comprendre l’impact qu’a pu avoir la crise de COVID-19 sur leur mode de vie. Vous trouverez la méthodologie détaillée en fin d’article.

Points forts de l’étude

Qu’est-ce qu’une application de portefeuille mobile ?

Un portefeuille mobile regroupe et conserve les données bancaires d’un ou plusieurs comptes afin de pouvoir payer en ligne ou en magasin via l’appareil en question (smartphone ou montre intelligente). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’une banque en ligne ni d’une application de virement, même si les banques proposent de plus en plus leur propre application de portefeuille mobile. Les entités bancaires doivent néanmoins être “compatibles” avec une application donnée.

En magasin, une fois l’application de portefeuille mobile ouverte, il suffit d’approcher son smartphone (presque tous sont dotés de la technologie NFC) du terminal et le paiement s’effectue sans aucun contact, au travers de l’application sécurisée. Aucun code PIN n’est requis ; l’application peut parfois demander une confirmation d’identité par reconnaissance digitale ou faciale.

En ligne, le site doit autoriser le paiement via cette application. Dans les deux cas, la procédure est plus rapide que par carte de crédit car il ne nécessite pas d’entrer de code PIN sur un terminal ou de remplir toutes les étapes d’un paiement en ligne classique.

57 % de Français ont installé une application de portefeuille mobile sur leur appareil

En comparaison avec les autres pays ayant participé à l’enquête (Allemagne, Australie, Brésil, Espagne, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni), la France se situe en cinquième place derrière le Brésil (premier pays enregistrant le pourcentage le plus élevé avec 83 % de répondants), l’Espagne (78 %), l’Italie (61 %) et l’Australie (58 %), signe que la tendance est mondiale. Tous ces pays enregistrent d’autre part une évolution homogène dans l’utilisation de telles solutions depuis le début de la crise de COVID-19.

Parmi les 57 % répondants à notre enquête disposant d’une application de portefeuille mobile,  84 % l’utilisaient déjà pour effectuer des achats avant la crise et le confinement ; depuis le début de la crise, ils ont été 92 % à l’utiliser de manière occasionnelle ou régulière.

La crise impulse une augmentation de 9,5 % dans l’utilisation de portefeuille mobile

En passant de 84 % à 92 % de transactions occasionnelles ou régulières par les utilisateurs de portefeuille mobile, c’est une augmentation de 8 points (soit 9,5 %) qui s’est produite entre la période pré-crise et aujourd’hui.

Cette croissance est peu étonnante : la crise a relégué tous les contacts physiques au placard. Les risques de contagion ont d’abord favorisé la distanciation sociale avant de l’imposer de manière radicale le temps du confinement. La crise étant toujours d’actualité, le paiement sans contact a de beaux jours devant lui.

Quant aux non-utilisateurs de cette méthode de paiement (même  si parmi eux certains avaient installé une telle application), la proportion de 16 % diminue pour atteindre les 7 % depuis la crise.

L’utilisateur type de portefeuille mobile a entre 26 et 35 ans

Ils sont près de 38 % des utilisateurs de portefeuille mobile à avoir entre 26 et 35 ans, ce qui en fait le groupe le plus représenté dans cette étude.

Ces habitués ou simples curieux des innovations technologiques représentent une catégorie de consommateurs actifs, moteurs de l’économie. Ils sont 42 % à avoir répondu qu’ils payaient régulièrement des services par mobile pendant la crise, soit une augmentation de 20 % par rapport à la période pré-crise. C’est d’ailleurs la seule tranche d’âge pour laquelle une augmentation des dépenses est perçue, signe que c’est celle qui est la plus au fait et sûrement la plus à l’aise avec cette technologie.

Voici les avantages et inconvénients d’une telle méthode de paiement, selon l’ensemble des personnes interrogées :

Avantages : une méthode hygiénique, sûre et rapide

Parmi les adeptes du paiement mobile, voici les 3 avantages les plus cités :

  • 37 % y voient une solution hygiénique.
  • 23 % le perçoivent comme une méthode sûre.
  • 22 % estiment que c’est un moyen de paiement rapide.

Le principal avantage évoqué est son aspect hygiénique : en supprimant la manipulation d’un terminal ou d’un distributeur de billets, la méthode est perçue comme réduisant les risques de contagion au quotidien.

Du côté sécurité, la carte de paiement devenue virtuelle n’est plus un accessoire indispensable du sac ; elle est moins exposée à la perte ou au vol. Si l’on risque toutefois de perdre ou de se faire voler son téléphone, les informations sont sécurisées dans l’application. Le paiement par mobile est, de plus, vu comme un moyen rapide de payer. L’application s’avère d’autant plus pratique que plusieurs cartes ou comptes peuvent être enregistrés et gérés au sein d’une même interface.

En France, plusieurs applications se sont popularisées : c’est le cas de Lydia, Lyf Pay ou encore Paylib. Outre le paiement en magasin ou en ligne, ces outils proposent d’autres fonctionnalités comme le paiement entre amis ou la création de cagnotte. Certaines vont jusqu’à proposer une marketplace avec accès, par exemple, à des produits bancaires ou d’assurance, ou encore des promotions. Côté commerçant, on peut bénéficier de fonctionnalités telles que des cartes de fidélité, des outils de relation client et des intégrations à sa caisse.

Mais toute nouvelle technologie ne va pas sans son lot de doutes et d’inquiétudes de la part des utilisateurs.

Inquiétude principale : la compromission des données

Pour 62 % des répondants, qu’ils utilisent ou non une application de portfeuille mobile, la principale préoccupation est la protection des données personnelles. Si une application se veut sûre grâce au cryptage des données, les hackers faisant preuve de toujours plus de génie et d’avidité, ce risque n’est pas inexistant. Les créateurs d’applications se doivent de mettre l’accent sur la protection des données personnelles et assurer une protection maximale, le tout dans le respect du RGPD

Pour limiter au maximum les risques de piratage, quelques gestes simples sont à adopter de la part de l’utilisateur :

  • Verrouiller son téléphone avec un code ou la reconnaissance digitale/faciale
  • Ne jamais partager ou dévoiler le code secret de son téléphone
  • N’installer que des applications reconnues comme sûres
  • Reconnaître les tentatives de phishing par e-mail ou message
  • Se connecter à des réseaux Internet sécurisés

À noter que 14 % ont répondu n’être pas intéressés par une telle méthode de paiement pour la simple raison qu’ils n’éprouvent pas le besoin et sont satisfaits de leur mode de vie actuel.

Enfin, 11 % affirment n’avoir aucune appréhension particulière à l’idée d’utiliser le paiement mobile.

90 % souhaitent continuer à payer via portefeuille mobile une fois la crise sanitaire passée

À la question “Avez-vous l’intention de continuer/commencer à payer avec une application de portefeuille mobile à l’avenir (également après la crise du COVID) ?”, 90 % répondent positivement. En ajoutant les 4 % qui n’en ont jamais utilisé mais se disent “intéressés”, ce sont en tout 94 % de détenteurs ou futurs détenteurs de portefeuille mobile qui misent sur cette méthode. Celle-ci semble être bien partie pour s’inscrire dans les modes de vie sur la durée.

L’avènement de la cashless society ?

L’idée d’une cashless society, ou société sans argent liquide, est celle d’une société où l’on n’utilise plus de pièces de monnaie ni de billets de banque pour effectuer ses achats. Une telle société pourrait exister grâce aux paiements dématérialisés à grande échelle (cartes de crédit ou applications mobiles) si à la fois les consommateurs et les commerçants les adoptent.

Ils sont 53 % de répondants à se dire à l’aise avec l’idée de vivre dans un tel système. 

Les 3 principaux arguments en faveur du paiement sans argent liquide sont les suivants :

Dans le camp opposé, 29 % disent être mal à l’aise avec ce concept.

Les 18 % restants ne sont tout simplement pas certains de leur avis.

Les résistants à cette idée (ou simplement ceux qui ne se sont pas encore penchés sur la question) justifient leur préférence pour l’argent liquide avec les arguments suivants :

  • 63 % préfèrent avoir l’assurance de toujours pouvoir payer (tous les endroits n’acceptent pas les modes de paiement sans espèces).
  • 40 % préfèrent payer les petits montants en espèces.
  • 34 % trouvent plus facile de suivre et gérer les achats en espèces.

Il est intéressant de noter que la facilité de suivi des dépenses diffère d’un groupe à l’autre, et en ce sens semble constituer un argument plus subjectif qu’objectif. Un mode de vie est une préférence personnelle qui peut parfois s’expliquer par un manque de connaissances de l’offre existante, mais pas systématiquement.

Il faut aussi songer que la préférence pour les petits montants payés en liquide dépend des commerces où certains consommateurs ont leurs habitudes. Tous les commerces sont loin de disposer des moyens de financer les commissions des terminaux classiques et ne proposent que le paiement en espèces. Si ces derniers garderont une base de clients fidèles, ils risquent également de voir se détourner une part de leur clientèle vers des concurrents qui auront adopté divers modes de paiement.

La crise impulse une société monétaire sans contact

La carte de crédit reste toutefois le moyen de paiement préféré pour 56 % des Français interrogés. Avec le changement de génération et la grande variété de smartphones disponibles sur le marché, les applications de paiement mobile ouvrent la voie vers le système monétaire de demain, accéléré par la crise sanitaire actuelle. Les PME devront se pencher sur ces systèmes de transactions innovants, d’autant que 43 % affirment qu’ils seraient plus enclins à se rendre dans un magasin qui proposent des méthodes de paiement sans contact plutôt que dans un magasin qui n’en propose pas. L’enjeu pour les éditeurs des applications de paiement mobile est de proposer des applications compatibles sur un grand nombre d’appareils, faciles d’utilisation, sécurisées, sans frais exorbitants.

Et maintenant ? Consultez notre catalogue de logiciels de traitement des paiements pour trouver l’outil qu’il vous faut.

Méthodologie

Pour collecter les données de ce rapport, nous avons mené une enquête en ligne en juillet 2020 auprès d’un panel de 1034 Français. Ceux-ci ont été sélectionnés selon les critères suivants : ayant plus de 18 ans, résidant en France, travailleur(se) à temps plein ou partiel, ou travailleur(se) indépendant(e), ou étudiant(e), ou retraité(e), ou ayant perdu son emploi pendant la crise de COVID-19. Ils sont tous issus de divers secteurs d’activité.

Cet article peut faire référence à des produits, programmes ou services qui ne sont pas disponibles dans votre pays, ou qui peuvent être limités par les lois ou règlements de votre pays. Nous vous suggérons de consulter directement l'éditeur du logiciel pour obtenir des informations sur la disponibilité du produit et le respect des lois locales.