72 % des PME estiment que leur modèle actuel ne sera pas viable plus de 6 mois

Publié le 23/06/2020 par Caroline Rousseau

conduite du changement entreprise

La pandémie de COVID-19 a provoqué des changements organisationnels et financiers pour une majorité d’entreprises à travers le monde. Actuellement, 72 % des répondants de notre enquête* estiment que le modèle actuel de leur entreprise ne pourra permettre de maintenir à flot leur organisation que 6 mois tout au plus.

À l’heure où la question du retour au bureau se pose pour de nombreuses entreprises, il convient de réfléchir à un modèle réaliste et fiable sur le long terme, où la question de l’imprévu n’a jamais autant pesé. Il semble que la crise ait montré que le présentiel n’était plus aussi essentiel dans certains secteurs, où la majorité du travail peut s’effectuer par la voie numérique.

Désormais au creux de la vague de la pandémie, c’est sur le long terme que les entreprises doivent se projeter et revoir leur modèle.

Quelles ont été les mesures prises en réponse à la situation ? Quels sont les changements de stratégie(s) qui ont dû être opérés pour garantir la continuité ? Quels sont ceux qui auraient pu être effectués ? Pour répondre à ces questions, Capterra a interrogé 335 managers de PME françaises, entre le 15 et 19 mai 2020. Vous trouverez la méthodologie détaillée en fin d’article.

conduite de changement

6 mois : durée estimée par les PME de la solidité de leur modèle actuel

Outre les mesures de santé et de sécurité (66 %) imposées par la situation exceptionnelle, des politiques de télétravail (61 %) et d’utilisation d’appareils personnels (31 %) ont dû être implémentées en urgence.

Ces bonnes pratiques concernant le travail à distance peuvent inclure des recommandations concernant les horaires et la présence en ligne, la mise en place d’un logiciel de suivi du temps pour éviter les débordements et respecter l’équilibre vie professionnelle/vie privée, la tenue de réunions par web conférence ou encore la formation à la cybersécurité.

Aux côtés de ces mesures qui transforment les comportements et habitudes dans le cadre professionnel, nous avons pu observer dans le premier volet de notre enquête que 85 % jugent l’adoption de logiciels essentielle à la survie de leur entreprise.

Qu’en est-il de la survie sur le long terme ?

Celle-ci s’avère plutôt pessimiste : seules 15 % des PME répondent être préparées pour continuer sur leur modèle actuel au-delà d’une année. Malgré les mesures engrangées, l’équilibre des PME sur la durée reste précaire. C’est ainsi qu’une large majorité de PME s’attend à devoir consolider ou repenser en profondeur leurs modes de fonctionnement. 6 mois est un délai très court dans la vie d’une entreprise.

Les tendances d’investissement précédemment évoquées montrent que la crise a poussé à l’adoption de logiciels : 42 % des répondants ont décidé d’investir en raison de celle-ci.

Comment prévoir et repenser son modèle lorsque les lignes bougent continuellement ?

Tandis que le débat autour du retour au bureau fait rage, une transformation numérique de fond ne devrait plus être ignorée. En parallèle, la mise en place d’un plan de continuité se révèle plus que jamais nécessaire.

Seules 50 % de PME disposaient d’un plan de continuité avant la crise

La création d’un tel plan permet d’anticiper les conséquences fâcheuses de divers cas de figure et de poursuivre son activité en “mode dégradé”, par exemple, pour limiter les pertes et accélérer la reprise. 

Avec les risques de seconde vague ou d’une cyberattaque, par exemple, la gestion de crise est une mesure incontournable au sein d’une organisation. 

Les logiciels de plan de continuité d’activité sont des outils qui aident à la survie d’une entreprise en cas de crise. Ils servent à concevoir et mettre en place un tel plan, et à l’activer au moment opportun. Ils peuvent, par exemple, aider à garantir l’intégrité des données et les rendre disponibles en cas de piratage. Pour prendre une image simple, un plan de continuité d’activité est comme un générateur en cas de panne d’électricité.

Voici quelques exemples de fonctionnalités d’un tel logiciel :

  • Identification et notification de menaces
  • Préservation de l’intégrité des données
  • Sauvegardes en continu ou planifiées
  • Cryptage

Dans d’autres secteurs, il s’agira peut-être de pertes matérielles ou financières. Chaque entreprise doit déterminer les points clés de son activité, identifier les risques potentiels et prévoir une solution pour chacun de ses risques. Le logiciel de PCA permettra de compiler toutes ces informations, qui peuvent s’avérer volumineuses, et de les rendre facilement accessibles et actualisables. Si une “seconde vague” ou une cyberattaque (rappelons que les crises sont propices à ces attaques) devaient survenir, une entreprise disposant d’un plan de continuité aura davantage de chances de se retourner.

Pour parfaire cette mesure, un plan de communication (nous en donnions un exemple en regard de la crise de COVID-19 dans cet article) et la formation des collaborateurs permettra à l’ensemble de l’entreprise d’être réactif et de savoir quelles actions entreprendre.

Les priorités des PME tiennent dans la rétention des clients, celle des employés et la productivité

Le confinement a bouleversé tous nos comportements : non seulement nos habitudes sociales, mais également celles de consommation et de dépenses. Le séisme causé à fait bouger les lignes stratégiques et les priorités des entreprises.

4 aspects sont ressortis des priorités à court termes pour les PME interrogées et outre les recommandations sanitaires imposées à l’ensemble de la population, 3 aspects en particulier se dégagent de cette enquête.

La rétention de la clientèle

Les pertes ont été pour chaque entreprise proportionnelles à leurs capacités à gérer la crise, à la pertinence du produit ou service proposé dans ce contexte, mais ont été réelles pour la majorité. Mais avant la réduction des coûts, c’est sur la clientèle que les PME se sont focalisées. La fermeture des commerces et l’interdiction de sortir de chez soi (à part pour les biens de première nécessité) ont d’une part freiné les dépenses jugées non urgentes et, d’autre part, renvoyé les consommateurs vers l’achat en ligne.

Suite logique de ces priorités, il a fallu faire preuve de réactivité et de créativité pour limiter la casse et s’adapter.

La conduite du changement est un concept permettant à une entreprise d’aborder et de s’adapter à de nouvelles situations, qu’elles soient provoquées par des événements internes ou externes. L’ADN d’une entreprise peut s’en trouver modifié : à elle de savoir évoluer. L’adaptation a été le nerf de la guerre dans la survie des PME.

Voici quelques exemples que l’on a pu observer au plus fort du confinement : 

  • Populaires dans la vie comme en ligne, les organisateurs d’escape rooms ont adapté leurs énigmes pour qu’elles soient jouées en ligne.
  • Les lieux culturels ont investi dans la diffusion en ligne et la visite virtuelle, tout comme les agences immobilières pour qui les visites de logements en présentiel n’étaient plus possibles.
  • 2020 est aussi l’année de la consécration de la télémédecine pour qui le passage au virtuel est le plus bel exemple de digitalisation.

Le boom de la numérisation du produit ou service, du commerce en ligne et de la livraison à domicile sont autant de métamorphoses dont on peut s’attendre à ce qu’elles s’inscrivent dans la durée.

Conseil : les campagnes de marketing digital ont pris une importance toute particulière. Il est préférable de repenser les campagnes automatisées afin d’éviter tout faux pas ou hors propos et de sonder la clientèle afin de se concentrer sur le produit ou service le plus recherché dans un certain contexte.

La rétention des employés

L’aspect humain n’est pas en reste et c’est là une donnée intéressante lorsque l’on sait que de nombreux employés ont pu se retrouver au chômage technique (présence physique requise) ou pour qui les conditions nécessaires au télétravail n’étaient pas réunies (matériel informatique, qualité de la connexion, vie personnelle…). La réassignation temporaire (42 %) ou permanente (17 %) a été une mesure efficace pour ne pas réduire les effectifs et au contraire, se réinventer. Plutôt que de licencier, ces entreprises ont pu assigner des postes ou tâches à des employés se retrouvant sans activité (un recruteur, par exemple, pour qui les embauches auront été gelées). Ces modifications ont pu également permettre de renforcer certains département en difficulté alors que la demande explosait.

La maintenance de la productivité

Les baisses de productivité causées par ce contexte matériel et psychologique exceptionnel a été une autre crainte pour les PME. Contrairement aux idées reçues, il semblerait au contraire que l’on travaille de chez soi aussi bien, si ce n’est mieux, lorsque les conditions sont réunies. Un management à distance adapté et les outils adéquats permettent un environnement de travail sain sans oublier les activités sociales qui participent à maintenir l’engagement des collaborateurs et à la culture d’entreprise.

Adaptation et anticipation, concepts clés de la survie

Dans le contexte actuel, ces adaptations ont permis à de nombreuses entreprises de mettre un pied à l’étrier de la transformation digitale ou d’accélérer cette dernière. Sans forcément renoncer au présentiel, la flexibilité induite par les outils de télétravail, la virtualisation de son offre, la formation des équipes ainsi que la mise en place d’un plan de continuité sont en somme les piliers de la survie des entreprises sur le long terme : celles qui investissent dans ces mesures seront celles qui pourront appréhender l’avenir l’esprit serein.

Vous souhaitez en savoir plus ? Consultez notre catalogue de logiciels de plan de continuité d’activité pour découvrir davantage de produits.

*Méthodologie de l’enquête : pour collecter les données de ce rapport, nous avons mené une enquête en ligne entre le 15 et 19 mai 2020 auprès de 397 employés de PME françaises effectuant du télétravail en raison de la crise de COVID-19. Les 335 répondants aux questions présentées dans ce rapport ont été sélectionnés selon leur rôle dans l’entreprise : ceux-ci sont issus de divers secteurs d’activité et sont tous preneurs de décision (confirmé/manager, manager sénior, membre de la direction ou haute direction).

Cet article peut faire référence à des produits, programmes ou services qui ne sont pas disponibles dans votre pays, ou qui peuvent être limités par les lois ou règlements de votre pays. Nous vous suggérons de consulter directement l'éditeur du logiciel pour obtenir des informations sur la disponibilité du produit et le respect des lois locales.